28 octobre 2009
Pas chic avec le porno...
Famille, amis, proches et intimes savent, ou à tout le moins ont déjà noté, mon côté « pépé ». Pour sûr, j'ai mes habitudes, rituels et autres us et coutumes quotidiens. Concrètement, cela se traduit par la quasi-immuabilité de mes lieux de rendez-vous, cafés, quartiers, magasins, boissons, émissions, etc.
Plusieurs façons d'interpréter cet état de fait :
- Comme la majorité des français, je n'aime pas la mobilité.
- Comme la majorité des juristes, je suis attaché à la sécurité juridique.
Pendant que je couche ces quelques lignes, une pensée quelque peu angoissante, à vrai dire, se fait présente : je ne vis pas cette situation comme de la routine (oui, que voulez-vous, je me surprends encore, même en me posant toujours dans le même café...) mais qu'en est-il pour mon entourage ? Je vais jouer à action ou vérité ce soir...
Bref, en ce qui concerne les émissions, j'ai un petit faible pour l'émission « On n'est pas couché », présentée par Laurent Ruquier et retransmise le samedi soir. Dans l'émission du 24 octobre 2009, Laurent Ruquier a eu la très bonne idée d'inviter Katsuni, actrice de films X. Toutefois, le moins qu'on puisse dire, est que l'interview et de façon plus générale, l'ambiance qui régnait au sein du plateau était déplorable.
En premier lieu, katsuni devait essuyer les blagues salaces de Franck Dubosc, à un intervalle assez régulier pour mettre l'interview au second plan. De la même manière, Laurent Ruquier s'est autorisé quelques boutades grivoises. Ceci étant, on peut pardonner aux deux protagonistes ce comportement « non gentleman ». Le premier ayant fait de la misogynie, son fonds de commerce et le second étant un habitué des drôleries, pas très drôles.
De leur côté, les deux Éric ont - et c'est relativement rare pour le noter - eu une conduite exemplaire. De manière professionnelle, Éric Naulleau et Zemmour ont posé des questions sérieuses et intelligentes. Toutefois, l'illumination de Ruquier a mis un terme à l'élévation du débat. Ainsi, ce dernier s'étonne, si ce n'est s'offusque, que Zemmour puisse parler d'un « porno intéressant » d'un point de vue sociologique, avant d'ajouter « on va pas faire non plus 30 minutes dessus ».
Non, sans doute que les téléspectateurs veulent du porno sous son aspect cul et non sous l'angle culturel...
Par la suite, fidèle à lui-même, Ruquier se sent obligé de complimenter Katsuni : « En tout cas vous parlez bien ». Pensait-il qu'elle communiquait en gémissant ?
De la bouche de l'animateur, les termes « normal » et « classique » sont lâchés pour bien entendu sous entendre que l'activité de Katsuni sort de la normalité. Ce qui me semble étonnant de la part d'un homme qui a probablement du fait de son homosexualité été confronté à « l'épreuve de la normalité ».
Je vous fais grâce de la partie « tests » où le jeu était le suivant : ce titre est-il un vrai titre de film X ou un titre inventé par la production...de France 2 ? Tout un programme...
Ainsi, il y a deux raisons à mon coup de gueule. D'une part, Ruquier avait ici une occasion de traiter d'un sujet qui au final, est très peu abordé et connu du grand public. Et bien entendu, l'émission prouve qu'il y a une occasion manquée. D'autre part, le déroulement de l'interview était très irrespectueux vis-à-vis de katsuni. Dans mes souvenirs, Rocco Siffredi a le droit à un accueil plus chic...
15:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 octobre 2009
Je t'ajoute en ami sur Facebook...
Mes amis les plus réfractaires sont, au final, tous tombés comme des mouches. La toile d'araignée « Facebook » a, en effet, réussi à les capturer.
Au départ, les arguments semblent solides et immuables :
Comment ? Moi, fervent combattant d'Edwige, m'inscrire sur facebook ?
Je trouve ça malsain, non non vraiment le voyeurisme, ce n'est pas du tout mon truc.
Ensuite, on a l'air un peu cruche dans les soirées : tout le monde est sur facebook. Vraiment, on est carrément pas in...
De plus, le copain (ou petite copine) est sur la toile : bon bah, je vais le rejoindre. On a décidé de faire un bout voire le chemin ensemble, non ? Autant débuter par quelque chose, l'aventure facebook commence...
Malsain ? Non du tout, je ne vais pas le surveiller : juste me contenter de voir ses amis, les messages qu'il laisse et qu'on lui laisse, le résultat de ses tests, les photos de soirées où il est marqué...
Dans tous les cas, facebook est un merveilleux carnet d'adresses. Mes amis y sont pratiquement tous et ceux qui manquent à l'appel finiront tôt ou tard par céder à la tentation car comme disait Oscar Wilde, "la meilleure façon de résister à la tentation, c'est d'y céder".
Résister à la tentation facebook, c'est sans doute résister non pas à l'inscription mais à l'envie de dévoiler une trop grande part de son intimité...
![fessebouc[1].jpg](http://fakroune.hautetfort.com/media/02/02/853220963.jpg)
11:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 octobre 2009
Le mineur de 2010, adulte prématuré.
Michèle Alliot Marie, garde des sceaux, a annoncé lors de son déplacement à l'école nationale de la protection de la jeunesse (Roubaix, le 28/09/09) que l'ordonnance de 1945 devra tirer sa révérence et laisser ce siège vacant au Code de la justice pénale des mineurs. Ce projet, propulsé par Rachida Dati et affiné par la commission Varinard a deux objectifs affichés :
- Assurer une plus grande lisibilité de la justice pénale des mineurs.
- Adapter la législation à la délinquance des jeunes d'aujourd'hui.
De prime abord, ces objectifs sont louables et cohérents. Assurément, un texte juridique doit être lisible (et intelligible) pour permettre l'accès au droit des citoyens, et doit s'adapter aux évolutions sociales, culturelles et économiques, afin d'être en phase avec la réalité sociétale.
Ceci étant dit, en l'espèce, la réforme telle que proposée, marque un grand pas en arrière. Si incontestablement, le texte est vieux ; sa logique et les multiples toilettages (et douches) qu'il a subi lui permette d'être opérationnel et de répondre aux problématiques suggérées par la délinquance juvénile. En effet, si les délinquants d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes que ceux d'hier, les objectifs de l'ordonnance de 1945 restent, eux, d'actualité.
Ce texte est construit autour de deux fondements :
- La transformation de la personne, par le biais de l'instruction obligatoire.
- L'atténuation de la condamnation, lorsque cette dernière est nécessaire.
Ces fondements sont-ils vraiment désuets ?
Il apparait que la chancellerie répond par l'affirmatif. Ainsi, l'instruction devrait plus ou moins disparaitre, or celle-ci est l'étape permettant la transformation du mineur délinquant. Sans instruction, on juge directement et par là même, émotion et passion s'invitent au jugement, ce qui rend la sanction inévitablement plus lourde. De même, le quantum des peines est de plus en plus calqué sur celui des majeurs. De fait pourtant, le mineur et le majeur ne sont pas dans la même situation de fait et de droit. Dès lors, y a-t-il, y 'aura-t-il encore un droit spécial pour les mineurs ?
L'ordonnance de 1945 est opérationnelle. Plus qu'une réforme juridique, le droit des mineurs a besoin d'une réforme budgétaire...
Censément, l'enfant, être en construction, a besoin d'un appui : le juge pour enfants qui mêle autorité et protection pour faire évoluer, amender ledit enfant. Toutefois, la véritable question est celle-ci : quel est l'objectif de la justice pour mineurs ? Réprimer ou amender ? Je suis de ceux qui pensent que la sanction n'est pas un but en soi ; d'autant plus que la prison ou tout autre centre nommé différemment n'est ,pour sûr, pas la voie de l'amendement...
La justice pour mineurs vit certainement ces derniers jours car la politique actuelle confortée par l'opinion publique a du mal à voir en la personne du mineur de 1 m 80, un enfant psychologiquement et intellectuellement différent de l'adulte...
00:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 septembre 2009
Boire ou ne pas boire, il faut choisir.
Lors de l'université d'été de l'UMP, le Ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a tenu des propos, on ne peut plus équivoques : « Quand il y'en a un, ça va, c'est quand il y'en a beaucoup que ça pose des problèmes ». La polémique s'est alors axée sur la question de savoir qui était ce « un » ? Le jeune homme d'origine arabe, protagoniste de la conversation, ou autre chose ?
Poser le débat en ces termes est en réalité une entreprise stérile. En effet, Brice Hortefeux affirme que la communauté arabe n'est en aucun cas la destinataire des paroles tenues. A contrario, certains observateurs certifient - corps et âme - le caractère raciste du discours. Pour sûr, présentée de cette manière, cette controverse ne fait pas avancer le schmilblick...
Ceci étant, les propos tenus par une femme de l'assemblée, sont plus heurtant et peuvent à juste titre faire l'objet d'une polémique constructive : « en plus, il boit (le jeune arabe) de la bière et mange du porc ». La conclusion est sans appel : le culinaire est la condition sine qua non de l'intégration. Sarcasme à part, une fois n'est pas coutume, la question de l'intégration est encore sur le devant de la scène.
Sans faire de sémantique, le terme « intégration » n'est-il pas extrapolé ? Peut-on parler d'intégration lorsqu'on parle d'un français, même d'origine étrangère ? Un français (contrairement à l'étranger) n'a, en principe, pas à s'intégrer à son pays mais seulement à acquérir ses valeurs. Toutefois, expliquer le vocabulaire n'est pas suffisant ; se pose ensuite la question de la consistance de l'intégration. Autrement dit, à quoi faut-il s'intégrer ?
Traditionnellement, l'intégration comprend le respect des lois et valeurs d'un pays. L'étape suivante concerne la connaissance de la langue, de l'histoire et de la culture dudit pays ; et nous sommes déjà ici à la limite de l'assimilation. Ces « acquis » renvoient à la sphère publique ; ainsi l'individu s'intègre à la vie en société.
Jusqu'à lors, la gastronomie relevait de la sphère privée et n'était en conséquent nullement un élément d'intégration. Le doute est aujourd'hui permis. L'intégration ira-t-elle jusqu'au plat ? Et ensuite, quelles autres preuves devront apporter les étrangers - et les semi-français - pour justifier d'une intégration en bonne et due forme (uniforme...) ?
En théorie en France, il y a la liberté de conscience, qui comprend la liberté de culte et par extension, la liberté de ne pas manger de porc et de ne pas boire d'alcool. En pratique, il y a les pots au sein des sociétés, les repas de noël, les départs à la retraite et autres festivités où le champagne coule à flot et où ne pas boire est - quelquefois - signe de non intégration au sein de l'entreprise...
11:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 septembre 2009
Tu n'aimeras point !
« Tu n'aimeras point ». Le titre sonne comme étant un commandement. Et si, la prohibition de l'amour était bel et bien le onzième commandement ?
D'aucuns diront que dieu n'a jamais interdit l'amour. Au contraire, l'éternel à travers les différents livres saints, prône l'amour. N'a-t-il pas dit d'aimer son prochain comme soi même ?
Seulement, si dans la romance de Céline Dion, le Jules a l'air d'hésiter entre une histoire d'amour ou d'amitié ; en matière religieuse, le choix de l'amitié semble plus prudent. Tout au long du film, la religion et ses garde-fous à savoir le stigmate, la culpabilité et l'illicéité, omniprésents, mènent une guerre contre l'amour.
« Tu n'aimeras point », est l'histoire d'amour - impossible - entre deux hommes. L'un est marié, père de famille et tient un rôle important au sein de la communauté juive orthodoxe d'un quartier de Jérusalem. L'autre est un jeune homme d'une vingtaine d'années à la recherche d'une école talmud. De prime abord, le thème a été mainte et mainte fois traité. Toutefois, le réalisateur va au-delà de la simple évocation de l'interdiction de l'homosexualité. En effet, le scenario, plus téméraire encore, suggère la prohibition de l'amour.
De manière moins flagrante que les séries américaines, le film est construit autour de deux histoires : celle des deux hommes qui est la principale et une autre, secondaire, mettant en exergue, l'amour irréalisable de Sarah avec un jeune homme. Dès lors, « tu n'aimeras point » prend une autre dimension. Une dimension beaucoup plus étendue sur le penchant, la passion, la relation amoureuse...
01:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note